« LA GUERRE DES POMMES REINETTES »

1998, IMIGIA, fiction, auteur – réalisateur, 14min

Georges est père de famille, auteur de scénarios de bandes dessinées destinées aux enfants. Il doute de lui, de son rôle et de son identité, problème qui rejaillit sur sa créativité. Il ne sait plus quoi écrire, il n’aime plus ce qu’il fait. Il ne sait plus qui il est. Seul dans le jardin de sa maison, il va cacher ses problèmes derrière une guerre de voisinage pour des pommes. Mais il ne se bat que contre lui-même.

NOTE DE REALISATION

« La guerre des pommes reinettes » est née sur les décombres d’un projet de moyen métrage abandonné, autour de la même situation et portant le même titre. Toute la réorientation du scénario original vers un film d’une dizaine de minutes, réalisé avec de modestes moyens, m’a obligé à synthétiser le contenu et la forme. Cela a influencé le style du film puisqu’il est tourné avec un seul personnage et uniquement en plans fixes.

Les quatre jours de tournage ont étés pénibles pour l’équipe, chacun d’entre nous devant assumer plusieurs postes. Cette aventure a pu exister uniquement parce que partagée par des amis. Mais je ne recommencerais pas ce genre de choses…

et le formidable Partick Dieleman de se demander ce qu’il est venu faire dans cette galère 😉

« LA RUELLE »

1992, IMAGIA, RTS & OFC, fiction, 15min, auteur, section au festival du film francophone de Namur, diffusion RTS

La ruelle, de nuit, à l’arrière d’une discothèque. Deux femmes se rencontrent par hasard et réalisent qu’elles attendent leurs hommes. La nuit avance, l’attente se prolonge. D’abord anodine, leur conversation devient plus personnelle. De petites phrases assassines en mots délicats, une complicité naît. La fatigue glisse sur les confidences, leurs hommes ne viendront pas.

NOTE DE REALISATION

« La Ruelle », en construisant une ambiance intime dans un lieu qui ne l’est pas, est une sorte de « huis-clos à ciel ouvert ». L’écriture du scénario s’est faite sur la base de cette idée et de plusieurs jour d’improvisation avec les deux comédiennes. J’ai utilisé cette technique pour éviter que des femmes disent des mots d’homme, pour mieux les percevoir dans cette situation où logiquement l’homme est absent.

Heureusement très préparée, *storybordée* même, la réalisation de ce premier film m’a pausé quelques difficultés personnelles, tout étonné de me retrouver à la tête de cette *machine* que j’avais tant espéré…

En plus, des difficultés techniques nous ont mis dans de grosses difficultés vis-à-vis d’un coproducteur. En fait, ce premier film aurait tout aussi bien but être le dernier sans la farouche volonté de la productrice à trouver de nouveau moyens pour retravailler la postproduction. On y est arrivé 😉

avec Florence Bochud – Janou Grolleau – Charles Baron – production: Cornelia Hummel – image: Michel Israélien – monteur: Frank Preiswerk – musique: Eric Periat

images du tournage

« LES GARDIENS DU CIEL »

2001, IMAGIA & RTS, doc, 52min, auteur-réalisateur, diffusion RTS

La station radar de la Dôle, située sur un sommet du Jura suisse, entre Genève et Lausanne, fut construite en 1954. Elle est le lien technique indispensable entre les contrôleurs aériens de l’aéroport de Genève et les avions.

Durant près de quarante ans, une douzaine de techniciens se relayaient par petites équipes, résidant sur leur lieu de travail pour assurer la maintenance. Mais dés 1997, la station subit une série de restructurations, dans le but de l’automatiser pour des raisons économiques. Le Groupe Dôle, réduit à six personnes, travaillait alors à sa propre dissolution.

Le film raconte l’histoire de la station à travers le récit subjectif des hommes qui y ont vécu et qui devaient l’abandonner…

NOTE DE REALISATION

C’est un film qui devait, à l’origine, raconter la vie quotidienne de ces « gardiens de phares » modernes mais dont le traitement a radicalement changé quant j’ai découvert leur situation professionnelle instable.<br>

Cette station est un lieu magique, qui offre un contraste visuel très fort entre une nature belle mais rude et une technologie de pointe. Il suffisait de filmer cet environnement pour comprendre le sentiment de perte exprimé par ces hommes réservés et passionnés.

production: Cornelia Hummel – image: Michel Israélien & Laurent Graenicher – son: Martin Stricker & Denis Roch & Yann Magnan – montage: Frank Preiswerk – mixage: Denis Séchaud – musique: Didier De Giorgi

voir le film en ligne

images de tournage

« SUR LE FIL »

2004, IMAGIA, doc, 52min, co-réalisateur-auteur, diffusion RTS

Pensé comme un lieu de pause pour ses résidents, le Centre Racard à Genève offre un hébergement à toutes personnes en crise psychologique, tout en prenant ses distances avec des objectifs tels que la guérison ou la réinsertion. Dans ce dispositif, comment les sept permanents gèrent-ils la réalité imposée par les résidents? Comment concilient-ils l’intégration de l’échec avec des valeurs sociales opposées.

NOTES DES REALISATEURS – Laurent Graenicher

Les marges de la société sont des lieux très visités par l’audiovisuel, des lieux (au sens propre comme au sens figuré) presque à la mode depuis l’avènement des petites caméras. Compte tenu du manque apparent d’originalité du sujet, je ne me serais sans doute pas aventuré de mon propre chef dans la réalisation d’un film sur un centre d’accueil pour personnes « en marge de la marge ».

C’est à la demande de Nadine Fink que je me suis intéressé à ce lieu étrange, exigu, modestement fonctionnel. C’est aussi grâce à la rencontre de son directeur, Miguel Norambuena, qui m’a ouvert les portes d’un univers que j’ai appris à découvrir à mesure que ce projet avançait. Le désir de raconter le travail que l’équipe de permanents réalise chaque jour tout en cherchant à explorer leurs motivations s’est imposé comme une évidence. Comment peut-on travailler plus de quinze ans dans cet endroit et rester attentif et curieux des autres ? Quelles motivations professionnelles, quel credo, voire quelle foi animent l’équipe du Racard ?

Les résidants du Racard ne sont pas notre sujet. Leur humanité à l’équilibre fragile me touche énormément mais réaliser leurs portraits pose des problèmes moraux que je ne désire pas gérer. Bien sûr, nous les découvrons dans les activités quotidiennes du Racard, mais c’est pour mieux comprendre l’activité des permanents, la dynamique mise en place et sans cesse entretenue qui a pour but de ramener les résidants à un minimum de vie sociale, pour leur offrir *La moindre des choses* pour reprendre le titre du film de Nicolas Philibert.

Nadine Fink

L ’idée de réaliser un film sur le Racard naît d’une rencontre avec son directeur, Miguel Norambuena. Dès nos premières discussions, la philosophie du Racard m’interpelle, me touche. S’ouvre à moi un univers en marge de la société qui m’entoure, un lieu dépouillé où le temps est réapproprié à sa juste mesure et où l’on redevient attentif à l’infiniment petit. Le Racard m’ouvre une parenthèse dans l’espace-temps globalisé et me soustrait à la réalité extérieure, qu’il questionne en retour.

Loin d’un portrait misérabiliste de l’assistance psychosociale, je souhaitait mettre en image, au sein de l’environnement évocateur du Racard, cette philosophie profondément humaniste, tout en interrogeant les motivations de ceux qui tentent de l’appliquer au quotidien.

co-réalisation: Laurent Graenicher & Nadine Fink – image: Laurent Graenicher – son: Martin Stricker & Blaise Gabioud – montage son: Martin Stricker – montage: Damian Plandolit – musique: Didier De Giorgi

voir le film en ligne   –   DVD SD disponible

article du journal Repère Social

« SOCIETE ANONYME »

2005, IMAGIA & RTS, doc, 79min, réalisateur-auteur, diffusion RTS & TV5

Tourné entre 2002 et 2004, ce film est centré sur la crise de la société Tornos à Moutier, Jura bernois. Le cas de Tornos fait partie de la chronique récente des débâcles industrielles dues aux stratégies financières. En partant de cet exemple précis, c’est bien à une réflexion sur les rouages du capitalisme industriel que se livre le réalisateur. Un film « miroir » qui interroge le sens de l’enthousiasme véhiculé par l’économie néo-libérale et qui interpelle le rôle que chacun tient dans ce grand « jeu ».

L’HISTOIRE

En 1995 l’usine Tornos, à Moutier, entre dans une intense euphorie économique. Grâce à la fabrication et à la commercialisation d’une machine outil révolutionnaire, la Deco 2000, l’usine sort du marasme dans lequel elle se trouvait au début des années 1990. Les bâtiments ont pu être rénovés et l’usine engage massivement du personnel. Le nouveau directeur parvient à inspirer la confiance dans le potentiel de l’entreprise.Un groupe d’investisseurs anglais devient le principal actionnaire de Tornos en 1999. L’entrée en bourse, qui aura lieu en mars 2001, fait partie de leurs objectifs. Le climat d’euphorie est tel que certains ouvriers achètent des actions, encouragés par une campagne d’affichage efficace. Mais en 2001, les marchés financiers sont instables et les commandes de la machine baissent.

L’usine se trouve rapidement au bord de la faillite. Les vagues de licenciements se succèdent en l’espace de 13 mois : plus de 600 employés sont renvoyés. Les plans sociaux ne font pas partie des stratégies de recapitalisation proposées par la direction.

EXTRAIT DU COMMENTAIRE

« Un directeur qui joue au patron, un ouvrier que l’on baptise opérateur responsable, un lieu de travail que l’on appelle maintenant îlot de production, le nom d’une usine qui devient le nom d’une action à la bourse? J’ai l’impression de me perdre dans un jeu où l’on manipule allégrement des mots comme famille, responsabilité, confiance, autonomie. »

production: Cornelia Hummel – image: Laurent Graenicher – son:Laurent Graenicher – montage: Damian Plandolit – collaboration: Cristina Ferreira – mixage son: Martin Stricker – musique: Didier De Giorgi

voir le film en ligne  –  DVD SD disponible avec sous-titre anglais/allemand

« SUPER ! »

2012, IMAGIA & RTS, doc, 84min, réalisateur-auteur, exploitation salle 2013 & diffusion RTS & TV5 2014

Accompagné par de douces voix vous susurrant les promesses de super promotions, les vertus des super prix et l’urgence de profiter des super soldes, vous pénétrez dans les entrailles du supermarché.

Muni de yaourts à prix cassés et de papier de toilette soldé, vous irez à la rencontre de celles et ceux qui manient scanners et palettes, côtelettes et pains précuits, logiciels de gestion des flux et tickets de remboursement. Vous parcourrez avec eux les linéaires, vous vous faufilerez entre les caisses et vous glisserez dans l’étrange silence de la salle de pause.

Dans le huis clos d’un supermarché suisse, ce film porte un regard à la fois critique, empathique et amusé sur l’univers de la grande distribution.

production: Cornelia Hummel – image: Laurent Graenicher – montage: Vincent Pluss – son: Martin Stricker – musique: David Perrenoud, Benoit Mayer

voir le film en ligne  –  DVD SD disponible avec st anglais/allemand

images de tournage

presse au 2 février 2013